Berlincourt
Petit hameau de la Commune de Bassecourt, Berlincourt figure en 1303 dans un acte où Henri de Berlincourt vend au curé Lambert de Boncourt un carré de pré de 23 journaux pour 25 livres de Bâle. Le 29 novembre de la même année, le curé Lambert de Boncourt en fit don au Monastère de Bellelay.
Situé à environ 497 mètres d'altitude, Berlincourt est un village très ancien. Il a changé plusieurs fois d'orthographe au cours des temps; c'est ainsi que l'on trouve :
Burlincort en 1303
Bourlincurt en 1320
Brelincort en 1490
On a trouvé dans la direction des forges des monnaies romaines appartenant à l'époque de l'invasion des Allemanis en 355 lors de la destruction des établissements romains. Pendant la guerre de Trente Ans, le village fut brûlé par les Impériaux. Le village était renommé pour sa très importante fabrique de planches.
A deux kilomètres au sud, s'ouvre la grotte de Ste-Colombe qui a servi d'habitation à l'homme pendant la période préhistorique.
A l'époque de la guerre de Trente Ans (1618 – 1648), en 1634 exactement, la peste se déclara dans la Paroisse de Bassecourt, à Berlincourt plus précisément. Apportée paraît-il de Strasbourg, où cette maladie régnait, par une fille de Berlincourt placée en Alsace, cette épidémie se propagea dans la région. Un homme nommé Bernet de Berlincourt fut la première victime, d'après le registre des décès. IL fut enterré comme pestiféré en dehors du village dans le cimetière de la Chappelle St-Hubert, le 24 juin 1634.
Pourquoi Berlincourt "Les Fourmis" ?
Il y a de cela très longtemps, en 1499, à Berlincourt (Brelincort de ce temps), les habitants des quelques huttes construites en bois n'avaient comme revenu et nourriture que quelques pâtures où broutaient leurs chèvres qui leurs donnaient le lait nécessaire, quelques fruits sauvages, du miel de guêpes ainsi qu'un genre de pain fait de farine de tubercules d'ignames (plante grimpante dont la racine fournit une fécule appelée "arrow-root", originaire de Guyane). Les habitants de ce lieu désert trouvaient également à se procurer un peu de viande en capturant du petit gibier (lièvres, écureuils, etc…) au moyen de trappes ou collets.
Le doyen de la bande dirigeait la communauté qui était heureuse dans sa pauvreté.
Un jour en parcourant les gorges du Pichoux, vers Undervelier, celui-ci aperçut un tamanoir (fourmilier mammifère édenté de l'Amérique tropicale qui se nourrit de fourmis qu'il capture avec sa longue langue gluante) en train de fouiller une fourmilière pour se nourrir. La bête, malgré sa grandeur (environ 1,50 mètres) eut peur de l'homme et s'en alla se réfugier dans son antre. Les petites bestioles qui restaient devinrent furieuses et se mirent à envahir ce curieux visiteur. Celui-ci se dépêcha de rentrer chez lui pour changer ses haillons qui le piquaient partout sur le corps. Mais il se rendit bientôt compte que c'était ces fourmis qui lui donnaient ces picotements.
Ce fut un événement dans toute la colonie et on ne parla plus que de fourmis durant les années qui suivirent cette aventure survenue à l'un des leurs.
Six siècles après ce fait surprenant, le village de Berlincourt s'est agrandit mais son sobriquet est resté.
A visiter
Venez visiter la Chapelle de Berlincourt qui construite en 1957 est un bâtiment historique et protégé de part ses fabuleux vitraux conçus par l'artiste Estève de Paris.
| Chapelle de Berlincourt | Vitraux d'Estève de Paris |